SPL Phonos Duo, le préampli phono RIAA
Brancher une platine sur une chaîne moderne repose sur un maillon souvent oublié : le préampli phono, qui rétablit la courbe RIAA gravée dans le sillon et relève un signal électrique minuscule. SPL part de son Phonos et lui greffe une seconde paire d’entrées et de sorties symétriques. Le Phonos Duo gagne en souplesse de raccordement, dialogue aussi bien en RCA qu’en XLR, et garde le faible bruit et la dynamique qui font la réputation de la série.
Brancher en RCA comme en XLR
Le Phonos d’origine se limitait aux liaisons RCA asymétriques. La version Duo double la connectique en ajoutant une paire d’entrées et une paire de sorties XLR symétriques. Deux platines, ou une platine et une source de niveau ligne, peuvent donc rester câblées en permanence : un sélecteur INPUT en façade choisit l’entrée active. Les deux sorties, RCA et XLR, restent alimentées en parallèle quelle que soit l’entrée retenue, ce qui permet de relier simultanément deux amplificateurs ou un ampli et un enregistreur.
Les prises RCA sont dorées, et la mise à la terre de la platine passe par une borne au format fiche banane : le câble de masse se serre ou s’enfiche selon la connectique disponible. La liaison symétrique n’a d’intérêt que si la source la prend en charge de bout en bout ; sur une platine à sortie RCA classique, l’entrée asymétrique reste le chemin logique, et la paire XLR attend un câblage long ou un environnement électriquement perturbé pour montrer son utilité.
Une tension interne de 120 volts
La plupart des électroniques audio travaillent avec une tension d’alimentation interne de ±15 V et saturent leur étage d’entrée autour de +21,5 dBu. SPL pousse cette valeur à ±60 V grâce à des amplificateurs opérationnels maison, les SPL 120V SUPRA, qui encaissent une tension qu’un composant courant ne supporterait pas. Le nom VOLTAiR condense l’idée : du Volt pour la tension, de l’Air pour l’espace laissé à la musique.
Concrètement, le Phonos Duo accepte des niveaux d’entrée jusqu’à +32,5 dBu, soit 12 dB de marge supplémentaire avant écrêtage. Un disque vinyle génère des transitoires brutaux, des attaques de percussion ou de piano qui montent très haut en un instant : cette réserve évite que l’étage d’entrée les tronque. Le gain élevé disponible pour les cellules à bobine mobile, dont la tension de sortie se compte en centaines de microvolts, demande par ailleurs un plancher de bruit très bas, et c’est là que la haute tension interne prend tout son sens.
L’égalisation RIAA façon Douglas Self
Lors de la gravure, le grave est atténué et l’aigu accentué selon la norme RIAA de 1954, une convention qui économise de la place sur le disque et améliore le rapport signal sur bruit. À la lecture, le préampli applique la correction inverse pour retrouver une réponse linéaire. Tout se joue dans la précision de ce filtre.
SPL suit ici la conception de l’ingénieur britannique Douglas Self : beaucoup de condensateurs de faible valeur plutôt que quelques gros. Ces condensateurs, des Styroflex audiophiles sur l’ensemble du correcteur RIAA, se chargent et se déchargent plus vite, ce qui améliore la résolution et la réponse aux impulsions. Une partie des composants est montée en traversant (through-hole) sur les circuits imprimés, et SPL revendique un réglage à l’oreille en plus de la mesure.
Accorder le préampli à sa cellule
Le gain se règle sur trois crans. En position basse, l’amplification atteint +30 dB pour une cellule à aimant mobile (MM) et +50 dB pour une à bobine mobile (MC). Le cran médian ajoute 10 dB de part et d’autre, soit +40 et +60 dB, et la position haute encore 10 dB, portant le MM à +50 dB et le MC à +70 dB. Ce niveau maximal aligne la sortie sur celle d’un convertisseur numérique moderne, pratique pour homogénéiser les sources d’une installation.
Une cellule MM est sensible à la capacité de charge : le câble entre la platine et le préampli en ajoute une part qui colore le haut du spectre. Six valeurs sont proposées, de 12 à 330 pF, avec une impédance d’entrée fixe de 47 kΩ. Une cellule MC réagit plutôt à l’impédance de charge, réglable elle aussi sur six positions comprises entre 20 Ω et 1 kΩ. Les fabricants de cellules indiquent la valeur recommandée, qu’il vaut mieux respecter au plus près.
La cellule MC passe pour la plus fine, sa faible masse mobile suivant mieux les nuances du sillon, mais sa tension de sortie minuscule la rend plus vulnérable au bruit et au ronflement. La cellule MM se montre plus robuste et souvent plus abordable, avec une lecture un peu moins précise ; les aimants au néodyme des modèles récents réduisent cet écart. En cas d’hésitation sur la capacité à retenir, un test à l’oreille suffit : faire défiler les positions en surveillant l’aigu. Tant qu’il monte, la valeur reste sous celle de la cellule ; dès qu’il redescend, elle est passée au-dessus.
Ronflement, boucles de masse et mono
Le relèvement du grave imposé par la correction RIAA amplifie aussi les vibrations basses fréquences du mécanisme d’entraînement de la platine. Un filtre subsonique commutable (Rumble) les écarte quand elles deviennent gênantes. Contre le ronflement d’origine électrique, l’interrupteur GND LIFT isole la masse interne de la masse du châssis pour rompre une boucle de terre, complément utile à la borne de mise à la terre déjà présente.
Deux autres commandes complètent la façade. Le mode Mono additionne les deux voies, ce qui rend service sur des disques mono où il resserre l’image et réduit le bruit de surface. La fonction Mute coupe l’ensemble des sorties, par exemple le temps de changer de disque ou de manipuler le bras sans envoyer de « pop » dans les enceintes.
Un châssis fin fabriqué en Allemagne
Le Phonos Duo mesure 278 mm de large pour 57 mm de haut et 300 mm de profondeur, un format bas qui se glisse sous d’autres éléments sans occuper toute une étagère, et pèse 3,2 kg. Son alimentation linéaire interne s’appuie sur un transformateur toroïdal blindé, choix cohérent pour un appareil dont le point faible serait le bruit induit par le secteur. La consommation en veille reste sous 0,3 W, et la tension secteur se sélectionne (230 V pour la France).
Caractéristiques techniques
Généralités
- Préamplificateur phono audiophile RIAA
- Compatible cellules MM (Moving Magnet) et MC (Moving Coil)
- Égalisation RIAA selon la conception Douglas Self
- Technologie propriétaire SPL VOLTAiR 120 V offrant une large réserve dynamique et un très faible bruit
- Fabrication : Allemagne
Fonctionnalités
- Gain réglable sur 3 niveaux
- Capacité MM réglable sur 6 positions
- Impédance MC réglable sur 6 positions
- Filtre subsonique (Rumble) commutable
- Mode Mono
- Fonction Mute
- Commutateur Ground Lift
- Borne de mise à la terre compatible fiche banane ou câble nu
Connectique
- Entrées stéréo (commutables)
- 1 paire RCA
- 1 paire XLR symétrique
- Sorties stéréo (actives simultanément)
- 1 paire RCA
- 1 paire XLR symétrique
- Borne de masse (Ground)
Préamplificateur à aimant mobile (MM)
- Gain
- Bas : +30 dB
- Moyen : +40 dB
- Haut : +50 dB
- Capacité commutable : 12 pF, 47 pF, 100 pF, 150 pF, 220 pF, 330 pF
- Impédance d’entrée : 47 kΩ
- Bruit (pondéré A, gain 50 dB) : -82 dBu
- Plage dynamique (gain 50 dB) : 132 dB
Préamplificateur à bobine mobile (MC)
- Gain
- Bas : +50 dB
- Moyen : +60 dB
- Haut : +70 dB
- Impédance commutable : 20 Ω, 50 Ω, 100 Ω, 220 Ω, 500 Ω, 1 kΩ
- Bruit (pondéré A, gain 70 dB) : -62 dBu
- Plage dynamique (gain 70 dB) : 129 dB
Performances audio
- Réponse en fréquence : 10 Hz – 100 kHz
- Diaphonie (1 kHz) : -80 dBu
- Impédance de sortie : 75 Ω
Alimentation
- Alimentation linéaire interne avec transformateur toroïdal blindé
- Tension de fonctionnement pour l’audio analogique : ±60 V
- Tension de fonctionnement pour les relais et les LED : +12 V
- Tension secteur sélectionnable (voir le compartiment à fusibles)
- 230 V CA / 50 Hz
- 115 V CA / 60 Hz
- Fusible pour 230 V : T 0,5 A
- Fusible pour 115 V : T 1 A
- Consommation électrique maximale : 30 VA
- Consommation en veille : < 0,3 W
Dimensions et poids
- Dimensions (L × H pieds inclus × P) : 278 × 57 × 300 mm
- Poids net : 3,2 kg
- Poids à l’expédition (emballage inclus) : 4,3 kg
Questions fréquentes
Le Phonos Duo suffit-il à lui seul, ou faut-il un amplificateur derrière ?
C’est un préampli phono, pas un amplificateur intégré. Il prépare le signal de la platine puis l’envoie vers une entrée de niveau ligne : celle d’un préamplificateur, d’un amplificateur intégré ou d’un ampli-casque doté d’une entrée ligne. Il ne pilote donc pas directement des enceintes.
Puis-je alimenter deux appareils en même temps depuis le Phonos Duo ?
Oui. Les sorties RCA et XLR fonctionnent en parallèle et restent actives ensemble. Vous pouvez relier par exemple un amplificateur en RCA et un enregistreur ou un second système en XLR, sans boîtier de répartition supplémentaire.
Une entrée XLR sert-elle à quelque chose si ma platine sort en RCA ?
Dans ce cas, l’entrée RCA est la bonne. La paire XLR devient pertinente avec une source déjà symétrique ou lorsque le câble parcourt une longue distance dans un environnement électriquement chargé, la liaison symétrique rejetant mieux les parasites captés en chemin.
Comment savoir quel réglage de capacité ou d'impédance choisir pour ma cellule ?
Le fabricant de la cellule indique la valeur conseillée, à reporter au plus près sur le sélecteur correspondant (capacité pour une MM, impédance pour une MC). Sans documentation, la méthode d’écoute décrite plus haut permet d’approcher le bon réglage de capacité en surveillant l’évolution de l’aigu.
Que faire si j'entends un ronflement grave persistant ?
Deux pistes distinctes. Un grondement lié au mécanisme de la platine se traite avec le filtre subsonique. Un ronflement électrique continu relève plutôt d’une boucle de masse : reliez d’abord la platine à la borne de terre, puis testez l’interrupteur GND LIFT, qui isole la masse interne du châssis.
- Éco-contribution inclue dans le prix de vente.
- Référence fabricant : LPHNS2450
- GTIN / EAN : 4260149320322








