Technics SL-1210Mk7EG, platine vinyle DJ à entraînement direct
Pendant des décennies, les cabines DJ ont tourné sur la même platine Technics, avec ses commandes que les mixeurs trouvent les yeux fermés. Lancée en 2019, la génération MK7 conserve cette disposition et renouvelle ce qui se trouve dessous : un moteur sans noyau de fer, un plateau amorti et un châssis plus rigide. Cette version européenne entièrement noire sert aussi bien en club qu’au salon, pour écouter sa collection de disques.
Un moteur sans crantage sous un plateau amorti
L’entraînement direct relie le plateau à l’axe d’un moteur qui tourne lentement, sans courroie qui s’use ou se détend. Sur les anciens moteurs, ce principe avait un revers : le crantage (cogging), une petite irrégularité de rotation causée par l’attraction des aimants sur le noyau de fer des bobines. Technics a supprimé ce noyau sur la MK7. Le stator sans fer ne produit plus ces à-coups, et l’écart entre stator et rotor a été réduit au minimum pour garder un couple élevé, équivalent à celui de la SL-1200MK5. Avec 0,18 N·m, le plateau atteint 33 1/3 tr/min en 0,7 seconde. La commande du moteur reprend des techniques mises au point par Panasonic pour ses lecteurs Blu-ray, et le pleurage et scintillement (les variations de vitesse qui s’entendent comme un léger chevrotement) descend à 0,025 % WRMS.
Le plateau de 332 mm, en aluminium moulé sous pression, est recouvert de caoutchouc amortissant sur toute sa face inférieure. Cette structure à deux couches étouffe les résonances du métal avant qu’elles n’atteignent le disque. Avec la feutrine et le tapis, il pèse environ 1,8 kg.
Un châssis rigide posé sur des pieds à ressort
Le châssis en aluminium moulé est solidaire d’un second matériau, de l’ABS chargé de fibre de verre. Ces deux couches forment un ensemble plus rigide et moins sensible aux vibrations qu’une coque simple. Les pieds isolateurs associent un ressort et du caoutchouc pour couper les vibrations venues du meuble ou du sol. C’est un point qui compte en cabine, où les caissons de basses font vibrer le plancher, comme dans un salon où la platine est posée près des enceintes. Avec 9,6 kg pour 453 × 169 × 353 mm, la platine demande un support stable et de niveau. Les boutons et le bras sont noirs, comme le reste de la carrosserie, et les commandes occupent les mêmes emplacements que sur toute la série SL-1200.
Un bras en S complet et réglable
Le bras en S à équilibre statique, au tube en aluminium léger et rigide, mesure 230 mm de longueur effective. Son porte-à-faux est de 15 mm et son angle de décalage de 22°. Cette géométrie limite l’erreur de piste, c’est-à-dire l’écart d’angle entre la pointe et le sillon : elle reste sous 2° 32′ au bord d’un disque de 30 cm et sous 0° 32′ près du centre. La force d’appui se règle de 0 à 4 g et se lit directement sur le contrepoids gradué. La hauteur du bras s’ajuste de 0 à 6 mm, ce qui sert lorsqu’on change de cellule ou qu’on pose un tapis plus épais.
La coquille porte-cellule amovible pèse environ 7,6 g et se raccorde par un connecteur à 4 broches de 1,2 mm. Elle reçoit des cellules de 5,6 à 12 g, soit 14,3 à 20,7 g coquille comprise. Un DJ peut préparer plusieurs coquilles équipées de cellules différentes et passer de l’une à l’autre en quelques secondes.
Pitch, lecture inversée et lampe de repérage
Le réglage de vitesse (pitch) couvre ±8 %, ou ±16 % après un appui sur la touche ×2. Une touche de remise à zéro ramène la platine à sa vitesse nominale, quelle que soit la position du curseur. Le pitch sert à caler le tempo d’un disque sur celui d’un autre pendant un mix. À la maison, il corrige un pressage dont la hauteur tonale paraît légèrement décalée.
La lecture inversée est une nouveauté de la MK7 : le plateau tourne à l’envers, sur toutes les vitesses, quand on presse en même temps le sélecteur de vitesse et la touche marche/arrêt. Le couple de démarrage et la vitesse de freinage se règlent aussi, pour obtenir un départ plus ou moins franc et un arrêt sec ou un ralenti progressif. Une lampe escamotable à LED blanche éclaire la pointe et le sillon quand la lumière manque.
Une platine sans cellule à intégrer dans sa chaîne
La SL-1210Mk7EG est livrée sans cellule et sans préamplificateur phono. Le signal qui sort des prises RCA est au niveau phono, très faible et pas encore corrigé. Il doit passer par l’entrée phono MM d’un amplificateur ou d’une table de mixage, ou par un préamplificateur externe. Le câble RCA, le câble de masse et le cordon d’alimentation sont détachables. Un câble abîmé se remplace sans ouvrir la platine, et rien n’empêche de passer à un câble phono à faible capacité. Le fil de masse se branche sur la borne prévue à cet effet, côté amplificateur ou table de mixage, pour éviter les ronflements.
Le carton contient le couvercle anti-poussière, la feutrine, le tapis, l’adaptateur 45 tours, le contrepoids, la coquille et sa visserie. Il ne reste qu’à choisir la cellule, et c’est elle qui donne son caractère à la lecture. Pour le scratch, on choisira une cellule robuste à pointe conique. Pour l’écoute, une cellule hi-fi à pointe elliptique ou à profil plus fin lira le sillon plus finement. L’alimentation accepte 110 à 240 V et la consommation est de 8 W en marche, 0,2 W en veille.