iFi Audio iCAN PHANTOM 1.5
Présentation
Une collection de casques finit souvent par réclamer plusieurs appareils : un amplificateur silencieux pour les écouteurs intra-auriculaires, un modèle puissant pour les planaires gourmands, puis un énergiseur à part pour les électrostatiques. Cette version 1.5 du modèle de référence d’iFi Audio réunit les trois dans un seul châssis. Elle y ajoute le choix entre un étage à transistors et un étage à tubes, et reprend la base du premier iCAN Phantom en retouchant le gain, l’atténuation pour intras et la finition.
Des intras aux planaires, un seul amplificateur
La puissance disponible donne le ton. Sur les sorties symétriques, l’amplificateur fournit plus de 15 000 mW en crête et plus de 6 250 mW en continu (RMS) sous 16 Ω, et plus de 5 760 mW sur les sorties asymétriques. Ces valeurs concernent d’abord les casques planaires à faible rendement, qui réclament beaucoup de courant. Les casques dynamiques à forte impédance ont surtout besoin de tension : plus de 27 V sous 600 Ω en symétrique et 14 V en asymétrique, de quoi préserver les pointes de dynamique d’un enregistrement orchestral.
Le même appareil doit rester muet avec des intras qui saturent au moindre milliwatt, et c’est le rôle du gain et de l’IEMatch. Le gain se règle sur trois positions (0, +12 et +24 dB). En gain unitaire (0 dB), l’amplificateur n’ajoute aucune amplification de tension et garde le bruit de fond au plus bas. iFi conseille de partir de cette position et de monter seulement si le volume, placé vers midi, ne suffit pas. L’IEMatch, le circuit d’atténuation maison, propose deux crans : jusqu’à 12 dB de réduction sur les sorties asymétriques et 24 dB sur les sorties symétriques. Le potentiomètre travaille alors dans une plage confortable au lieu de rester bloqué sur ses premiers degrés de course. Avec un rapport signal/bruit supérieur à 145 dB(A) en symétrique et 130 dB(A) en asymétrique, le silence de fond reste au rendez-vous avec des écouteurs très sensibles.
La façade regroupe presque tous les formats de prise. Les casques symétriques disposent d’une Pentaconn 4,4 mm, d’une XLR 4 broches et d’une paire de XLR 3 broches. Deux jacks 6,35 mm, l’un en phase et l’autre en opposition de phase, forment ensemble une liaison symétrique avec le câble adéquat, ou alimentent deux casques asymétriques en même temps. La prise 3,5 mm accepte les fiches asymétriques TRS comme les fiches symétriques TRRS. Deux prises dédiées aux électrostatiques complètent l’ensemble.
Transistors, tubes ou Tube+ : trois caractères au choix
Le signal passe par l’un de deux étages d’entrée distincts, tous deux en classe A : les composants y conduisent en permanence, sans basculer d’une moitié du signal à l’autre. Le premier est un circuit à transistors discrets à effet de champ (JFET). Le second est entièrement à tubes, avec une paire de General Electric 5670 NOS, des tubes de stock ancien jamais utilisés, sélectionnés à la main, appariés par ordinateur et soumis à un traitement de régénération avant montage. En mode tubes, le circuit JFET est retiré du trajet du signal : les deux étages ne se superposent jamais.
L’étage à tubes propose deux modes. Le mode Tube+ réduit la contre-réaction au minimum, c’est-à-dire la part du signal de sortie réinjectée à l’entrée pour corriger les erreurs du circuit. Les harmoniques naturelles des tubes ressortent davantage, avec une dominante d’harmoniques d’ordre pair qui arrondit le rendu. Les mesures traduisent ce compromis : la distorsion harmonique totale plus bruit monte à 0,012 % en symétrique et 0,2 % en asymétrique, contre 0,0015 % en mode transistors et 0,002 % en mode tubes sur les sorties symétriques.
Le passage d’un mode à l’autre se fait en cours d’écoute, après une courte pause de commutation. Pour préserver leur durée de vie, les tubes s’éteignent après une dizaine de minutes passées en mode transistors. Au retour en mode tubes, ils demandent une trentaine de secondes de chauffe, pendant lesquelles la musique continue par l’étage à transistors. Un voyant en façade change de couleur selon le mode actif.
Une section électrostatique réglée par cartes calibrées
Un casque électrostatique ne fonctionne pas comme un casque dynamique. Sa membrane, extrêmement fine, est chargée par une tension de polarisation continue de plusieurs centaines de volts et se déplace entre deux grilles qui reçoivent un signal lui aussi porté à très haute tension. Ces exigences expliquent l’énergiseur habituellement vendu à part. Ici, la technologie iESL est intégrée au châssis et dispose de son propre bouton de mise en marche.
La sortie Pro/Custom, en prise 5 broches, accepte six tensions de polarisation : 500, 540, 580, 600, 620 et 640 V. La valeur se choisit en insérant une carte au format SD, calibrée individuellement et marquée des modèles compatibles. Sans carte, la sortie reste inactive, et ce choix physique écarte le risque d’une erreur de réglage dans un menu. Les six cartes se rangent dans le capot arrière aimanté, qui peut aussi recouvrir la façade quand l’appareil sert de préamplificateur. Une seconde sortie Normal, en prise 6 broches, fournit 230 V pour les électrostatiques de génération plus ancienne.
Deux réglages complètent la section. L’impédance, de 16 à 96 Ω, fixe la charge que voit l’amplificateur à l’entrée des transformateurs élévateurs. Une valeur basse augmente le niveau sonore mais sollicite davantage l’amplificateur, et iFi recommande dans la plupart des cas les valeurs hautes. Selon ce réglage, le signal délivré au casque va de 320 à 640 V efficaces. L’AC Termination modifie l’impédance du point de polarisation commun aux deux canaux, et son effet porte surtout sur la spatialisation XSpace.
La conception de cette section explique une partie de sa discrétion. Les transformateurs élévateurs, fabriqués sur mesure, associent dans leur noyau de l’acier à grains orientés, à l’aise à fort niveau, et du permalloy, plus linéaire à faible niveau. La tension de polarisation est stockée dans une batterie de condensateurs à film, rechargée par brèves impulsions d’un circuit qui reste éteint plus de 99,999 % du temps. Aucune alimentation ne tourne en permanence et ne risque de moduler la membrane avec son bruit.
Un circuit symétrique et hybride de bout en bout
iFi applique à ce modèle son circuit PureWave PRO, qu’il nomme True Differential Balanced. Chaque canal y est traité par deux circuits identiques, l’un pour le signal en phase et l’autre pour le signal en opposition de phase. Cette structure réduit le bruit et la diaphonie (la fuite d’un canal dans l’autre).
Le trajet du signal combine trois familles de composants. L’étage d’entrée est à JFET ou à tubes, le deuxième étage à transistors bipolaires, et l’étage de puissance bipolaire en classe A est tamponné par des MOSFET. Ce dernier passe en classe AB avec les casques à basse impédance poussés à très fort niveau. L’ensemble est couplé en continu, sans condensateur de liaison sur le trajet du signal, et la bande passante s’étend de 0,5 Hz à 500 kHz à −3 dB.
Le volume est confié à un potentiomètre motorisé fabriqué sur mesure par ALPS au Japon. Ses six pistes se répartissent entre les quatre qui règlent le signal symétrique et deux qui surveillent la position de la commande. La motorisation autorise le pilotage à la télécommande infrarouge fournie comme depuis l’application, sans passer par un volume numérique. La sélection des entrées passe par des relais miniatures à contacts en argent doré, remplis de gaz inerte, et le châssis repose sur des pieds amortis à double couche.
Les évolutions face au premier iCAN Phantom
Le circuit du premier iCAN Phantom est conservé. Les retouches portent sur l’adaptation aux casques, le silence de fonctionnement et l’usage quotidien. Le gain passe de 0, 9 et 18 dB à 0, 12 et 24 dB, ce qui creuse l’écart entre les positions et apporte plus de marge aux planaires et aux électrostatiques exigeants. L’atténuation IEMatch est renforcée, jusqu’à 24 dB en symétrique. La masse, le blindage et une partie des composants ont été revus pour abaisser encore le bruit et stabiliser le fonctionnement.
Côté finition, les commandes gagnent une rotation plus douce et amortie, et le panneau en verre fumé reçoit un traitement anti-traces de doigts. L’interface de l’écran a été redessinée, et des VU-mètres, désactivés par défaut, suivent le niveau en somme mono, en stéréo ou en double mono. Le logiciel de commande, mis à jour, rend l’affichage et la télécommande plus réactifs, et l’application iFi Nexis indique désormais l’état des tubes.
Un préamplificateur pour la chaîne hi-fi
À l’arrière, trois paires d’entrées RCA et une paire d’entrées XLR accueillent jusqu’à quatre sources analogiques. Deux sorties, XLR et RCA, placent l’amplificateur en tête d’une chaîne d’enceintes, devant un amplificateur de puissance ou une paire d’enceintes actives, avec le volume motorisé en guise de préamplificateur piloté à distance.
Les circuits analogiques XBass Pro et XSpace Pro s’appliquent aux deux usages. XBass Pro rattrape un grave déficitaire, avec jusqu’à 12 dB de renfort centré au choix sur 10, 20 ou 40 Hz selon l’étendue du manque. XSpace Pro dispose de deux matrices distinctes qui basculent seules selon la sortie utilisée. Au casque, il sort l’image sonore de la tête pour se rapprocher d’une écoute sur enceintes, sans ajouter de réverbération. Sur les sorties ligne, ses positions 30°, 60° et 90° élargissent la scène au-delà de l’écartement réel des enceintes. Désactivés, les composants passifs de ces circuits sont retirés du trajet du signal.
Un châssis à deux niveaux piloté à distance
L’appareil semble fait de deux éléments empilés, mais il s’agit d’un seul boîtier en aluminium à deux étages. Le niveau inférieur porte les connexions, en façade pour les casques et à l’arrière pour les sources. Le niveau supérieur réunit les commandes et l’écran couleur, sous une vitre fumée qui laisse voir les circuits. Avec 256 × 120 × 185 mm et 4,2 kg, il occupe une place de bureau bien définie et reste stable sous les manipulations de câbles. Comme il chauffe en fonctionnement, il demande une surface dure et bien ventilée.
L’application iFi Nexis transforme le smartphone en télécommande étendue. Elle donne accès à tous les réglages et aux mises à jour du logiciel à distance, sur le réseau local ou par Internet. L’alimentation externe iPower Elite 15 V est fournie. La consommation reste sous 27 W au repos et atteint 75 W au maximum, et une extinction automatique peut être programmée après 30 minutes, 1 heure ou 3 heures sans signal.
Questions fréquentes
Faut-il un convertisseur numérique en amont ?
Oui. L’iCAN PHANTOM 1.5 est un amplificateur entièrement analogique, sans entrée USB ni entrée numérique. Il se branche derrière un convertisseur (DAC), un lecteur réseau à sorties analogiques, un lecteur CD ou un préamplificateur phono, par ses entrées RCA ou XLR. Une source symétrique reliée en XLR tire le meilleur parti de son circuit symétrique de bout en bout.
Quelle carte de polarisation choisir pour un casque électrostatique ?
Chaque carte porte la liste des modèles compatibles, et la tension indiquée par le fabricant du casque fait foi. La polarisation dite Pro, la plus répandue sur les modèles actuels à prise 5 broches, correspond à 580 V. Les casques équipés d’autres connecteurs se branchent sur la prise Pro par un adaptateur. La tension met du temps à redescendre après un réglage plus élevé : pour comparer plusieurs valeurs, iFi conseille de partir de la plus basse et de monter progressivement, sans jamais dépasser la valeur nominale du casque.
Comment suivre l’état des tubes et les remplacer ?
Le menu affiche le temps cumulé d’utilisation en mode tubes, et l’application iFi Nexis indique leur état. Grâce au traitement de régénération des GE 5670 et à leur mise en veille automatique en mode transistors, iFi annonce plusieurs années d’usage. Un adaptateur 5670 vers 6922 / 6DJ8 est fourni pour le remplacement, qui se fait par paire appariée. Le compteur se remet alors à zéro depuis le menu.
Pourquoi autant de puissance si mon casque est facile à alimenter ?
La réserve de puissance sert surtout aux crêtes de dynamique, qui dépassent largement le niveau moyen d’écoute. Un amplificateur qui dispose de marge ne s’essouffle pas sur ces pointes. Avec un casque sensible, il suffit de rester sur un gain de 0 dB, et d’activer l’IEMatch avec les intras. La prudence reste de mise avec XBass Pro à gain élevé : l’amplificateur a de quoi endommager un casque poussé trop loin.
Peut-on utiliser le casque et les enceintes en même temps ?
Les sorties XLR et RCA arrière ne se coupent pas quand un casque est branché. iFi recommande pourtant de réserver l’appareil à un seul usage à la fois, casque ou préamplificateur, plutôt qu’à une installation mixte. Sur la sortie XLR, l’appareil raccordé ne doit pas relier la broche 3 à la masse.
Quelle est la garantie en France ?
iFi Audio garantit l’iCAN PHANTOM 1.5 deux ans pièces et main-d’œuvre dans l’Union européenne, à compter de la date d’achat auprès d’un revendeur agréé.
Caractéristiques techniques
Architecture et amplification
- Type : amplificateur casque de référence, classe A
- Architecture de préamplification : double circuit symétrique
- Modes d’amplification : transistors, tubes, Tube+
- Gain sélectionnable : 0 dB, +12 dB, +24 dB
- Puissance de sortie sous 16 Ω :
- Sortie symétrique : > 15000 mW max., > 6250 mW RMS
- Sortie asymétrique : > 5760 mW max., > 4500 mW RMS
- Tension de sortie sous 600 Ω :
- Sortie symétrique : > 27 V
- Sortie asymétrique : > 14 V
Performances audio
- Réponse en fréquence : de 0,5 Hz à 500 kHz (−3 dB)
- Rapport signal / bruit : > 145 dB(A) en symétrique, > 130 dB(A) en asymétrique
- Distorsion harmonique totale + bruit (THD+N) :
- Mode transistors : ≤ 0,0015 % en symétrique, ≤ 0,007 % en asymétrique
- Mode tubes : ≤ 0,002 % en symétrique, ≤ 0,006 % en asymétrique
- Mode Tube+ : ≤ 0,012 % en symétrique, ≤ 0,2 % en asymétrique
Sorties pour casques électrostatiques
- Sortie ESL Custom / Pro : de 500 à 640 V RMS
- Sortie ESL Normal : 230 V RMS
- Architecture de polarisation interchangeable
- Réglage de la polarisation par cartes SD calibrées
- Réglages AC Termination et d’impédance
Fonctions et commandes
- XBass Pro : 3 niveaux
- XSpace Pro : 3 niveaux
- VU-mètres, écran OLED couleur
- Application iFi Nexis, commande à distance depuis un smartphone
- Mises à jour à distance (OTA)
Alimentation
- Entrée CC : 12 V / 4 A ou 15 V / 3 A
- Entrée CA de l’alimentation : de 85 à 265 V, 50 / 60 Hz
- Consommation : < 27 W au repos, 75 W max.
Dimensions et poids
- Dimensions (L × H × P) : 256 × 120 × 185 mm
- Poids net : 4,2 kg
Accessoires fournis
- 1 × iFi iCAN Phantom 1.5
- 1 × câble RCA
- 1 × alimentation iPower Elite 15 V
- 1 × télécommande infrarouge
- 1 × manuel d’utilisation
- Éco-contribution de 2,57 € incluse dans le prix de vente.
- Référence fabricant : IFI0059








