EverSolo AMP-F8
Eversolo AMP-F8, la puissance en classe AB
Depuis ses débuts, Eversolo s’est fait connaître par des lecteurs réseau bardés d’écrans tactiles, de DSP et de correction acoustique. L’AMP-F8 prend le contre-pied de cette approche : ni conversion, ni réseau, ni réglage de volume. Un transformateur torique de 800 W, six MOSFET par canal, deux entrées et deux paires de borniers. C’est le deuxième amplificateur de puissance en classe AB de la marque, dans un format plus resserré que le premier.
Un seul appareil, deux configurations
En stéréo, l’AMP-F8 délivre 180 W RMS par canal sous 8 Ω, et 280 W sous 4 Ω. Un commutateur en face arrière bascule les deux voies en pont : les deux étages travaillent alors en opposition sur une seule sortie, et la puissance grimpe à 500 W RMS sous 8 Ω. Un exemplaire suffit à une chaîne stéréo complète. Deux exemplaires, un par enceinte, donnent une paire de blocs mono.
Cette progression par étapes évite d’avoir à revendre l’amplificateur le jour où les enceintes deviennent plus gourmandes ou où la pièce s’agrandit. Le mode ponté a sa contrepartie : chaque étage voit la moitié de l’impédance présentée par l’enceinte, et Eversolo ne publie de valeur qu’à 8 Ω dans cette configuration. Sur des enceintes qui descendent à 4 Ω ou plus bas, le fonctionnement stéréo classique reste le terrain le plus sûr.
Une alimentation taillée pour les crêtes
Le transformateur torique de 800 W a été développé spécifiquement pour cet appareil, avec des branches d’alimentation distinctes pour chaque canal afin de limiter les interactions entre voies. Vingt-quatre condensateurs audio de forte capacité l’accompagnent. Leur rôle est double : lisser l’ondulation résiduelle de la tension redressée, et tenir une réserve de courant mobilisable en quelques millisecondes quand un transitoire réclame bien plus que la puissance moyenne. C’est là que se joue l’écart entre un amplificateur qui garde son assise sur une attaque de grosse caisse et un amplificateur qui s’affaisse.
Un circuit de blocage du courant continu complète l’ensemble. La tension du secteur transporte souvent une composante continue parasite, produite par les appareils domestiques qui ne consomment que sur une demi-alternance. Un tore y est sensible : il se met à vibrer mécaniquement, et le ronflement s’entend depuis le meuble, enceintes coupées. Le filtre écarte cette composante avant le primaire.
Trois paires de MOSFET par canal
L’étage de sortie repose sur trois paires de MOSFET haute intensité par canal, soit six transistors de puissance de chaque côté, montés en parallèle pour se répartir le courant. En amont, la conception différentielle symétrique traite le signal sur deux branches en opposition de phase, ce qui annule une bonne part des perturbations communes aux deux, à commencer par celles qui remontent de l’alimentation. Une contre-réaction de précision termine le travail.
Eversolo annonce une distorsion harmonique totale plus bruit de 0,003 %, un rapport signal sur bruit supérieur ou égal à 115 dB pondéré A, une réponse en fréquence de 10 Hz à 30 kHz à ±0,5 dB et une diaphonie sous -95 dB. Le facteur d’amortissement dépasse 400 sous 8 Ω, soit une impédance de sortie inférieure à 0,02 Ω : l’amplificateur oppose une résistance quasi nulle au courant que renvoie la bobine mobile du grave après une impulsion, et le cône s’arrête net. Chiffre à relativiser, puisqu’il se mesure aux borniers de l’appareil : dix mètres de câble de 2,5 mm² suffisent à ramener l’amortissement réel autour de 50.
Deux entrées, deux niveaux de gain
La connectique tient en peu de lignes : une entrée XLR symétrique, une entrée RCA asymétrique, toutes deux sous 10 kΩ, et un commutateur pour choisir l’une ou l’autre. Aucun sélecteur multi-sources, aucun volume. L’AMP-F8 réclame en amont un préamplificateur, un convertisseur à sortie variable ou un lecteur réseau qui gère le niveau.
Le gain se règle sur deux positions, 23 ou 29 dB. À 23 dB, il faut 5,2 V en symétrique ou 2,65 V en asymétrique pour atteindre la pleine puissance ; à 29 dB, 2,6 V et 1,3 V suffisent. Le choix n’est pas anodin. Une source généreuse en tension gagne à rester sur 23 dB : le bruit de fond de l’amplificateur remonte moins, et le potentiomètre du préamplificateur travaille plus haut dans sa course, là où l’appairage entre canaux est le meilleur. La position 29 dB rattrape les sources au niveau de sortie modeste. Un trigger 12 V en entrée et en sortie chaîne l’allumage avec le reste du système, un interrupteur de veille et un interrupteur d’éclairage complètent la face arrière, et les borniers acceptent fourches comme fiches bananes.
Un châssis usiné et des VU-mètres
L’aluminium est usiné en CNC et reçoit une finition anodisée sablée, avec blindage contre les interférences électromagnétiques et flancs dissipateurs. Les proportions sortent de l’ordinaire pour cette puissance : 265 mm de large, 388 mm de profondeur, 119 mm de hauteur, et 15,9 kg sur la balance. Étroit et profond, l’AMP-F8 mange moins de largeur qu’un appareil au format traditionnel, mais réclame un meuble assez creux, et deux exemplaires côte à côte demandent 53 cm de tablette.
En façade, deux VU-mètres analogiques rétroéclairés suivent le niveau en temps réel, et leur éclairage se coupe depuis l’arrière quand les aiguilles deviennent gênantes pendant un film. La classe AB dissipe une part notable de l’énergie en chaleur, y compris au repos, et la consommation maximale annoncée atteint 1200 W. Le refroidissement est passif, sans ventilateur : un meuble fermé est à éviter, une tablette dégagée au-dessus et sur les côtés vaut mieux.
Sa place dans la gamme Eversolo
Trois amplificateurs de puissance cohabitent au catalogue. L’AMP-F2, en classe D, repose sur un module NS600 développé avec Starke Sound et tient dans 3,65 kg. L’AMP-F10 est le grand frère en classe AB, avec une alimentation linéaire de 1000 W à deux voies indépendantes, cinq paires de MOSFET par canal, 200 W sous 8 Ω, 320 W sous 4 Ω et 650 W en pont, pour 18 kg et 430 mm de large.
L’AMP-F8 se glisse entre les deux, et pas seulement par la puissance. Sa distorsion annoncée, 0,003 %, descend plus bas que les 0,008 % du modèle supérieur, tandis que son facteur d’amortissement reste en retrait, plus de 400 contre plus de 600. Eversolo ne publie pas non plus de valeur sous 2 Ω pour l’AMP-F8, là où l’AMP-F10 revendique 450 W par canal. Ces écarts se lisent avec prudence, les conditions de mesure n’étant pas toujours identiques d’une fiche à l’autre, mais ils dessinent deux tempéraments : le plus compact vise la finesse et l’encombrement réduit, le plus imposant la capacité en courant sur charge difficile.
Caractéristiques techniques
Informations générales
- Type : amplificateur de puissance stéréo
- Technologie d’amplification : Classe AB
Puissance de sortie
- Mode stéréo
- 180 W RMS par canal sous 8 Ω
- 280 W RMS par canal sous 4 Ω
- Mode ponté (bridge)
- 500 W RMS sous 8 Ω
Performances audio
- Réponse en fréquence : 10 Hz – 30 kHz (±0,5 dB)
- Rapport signal / bruit : ≥ 115 dB (A)
- Distorsion harmonique totale + bruit (THD+N) : 0,003 %
- Facteur d’amortissement : > 400
- Diaphonie : ≤ -95 dB
Architecture d’amplification
- Amplification Classe AB haute fidélité
- Architecture différentielle symétrique
- Trois paires de MOSFET haute intensité par canal
- Contre-réaction de précision
- Excellente linéarité sur toute la plage de fonctionnement
Alimentation interne
- Transformateur torique linéaire de 800 W
- Alimentations indépendantes pour chaque canal
- 24 condensateurs audio de forte capacité
- Circuit de blocage du courant continu (DC Blocker)
- Réduction des vibrations et des interférences électriques
Qualité sonore
- Restitution fidèle de l’enregistrement original
- Très faible bruit de fond
- Excellente séparation des canaux
- Grave puissant, rapide et parfaitement contrôlé
- Grande réserve dynamique
- Image stéréo précise
- Timbres naturels et détaillés
Connectique
- Entrées audio
- 1 × XLR symétrique
- 1 × RCA asymétrique
- Impédance d’entrée
- XLR : 10 kΩ
- RCA : 10 kΩ
- Sensibilité d’entrée XLR
- 5,2 V (gain 23 dB)
- 2,6 V (gain 29 dB)
- Sensibilité d’entrée RCA
- 2,65 V (gain 23 dB)
- 1,3 V (gain 29 dB)
- Borniers haut-parleurs premium
Conception et châssis
- Châssis en aluminium usiné CNC
- Finition anodisée sablée
- Blindage contre les interférences électromagnétiques
- Dissipation thermique optimisée
- VU-mètres analogiques rétroéclairés en façade
Compatibilité
- Préamplificateurs Hi-Fi
- DAC avec contrôle de volume
- Lecteurs réseau
- Systèmes Hi-Fi stéréo
- Enceintes bibliothèque et colonnes
- Installation mono haute puissance grâce au mode ponté
Alimentation électrique
- Tensions d’alimentation : 100 à 120 V / 60 Hz, 220 à 240 V / 50 Hz
- Consommation maximale : 1200 W
Dimensions et poids
- Dimensions (L × P × H) : 265 × 388 × 119 mm
- Poids net : 15,9 kg
- Poids brut : 18,6 kg
Accessoires fournis
- Câble d’alimentation
- Câble Trigger
- Manuel d’utilisation
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement un préamplificateur pour utiliser l'AMP-F8 ?
Il faut un maillon amont capable de régler le niveau, mais pas forcément un préamplificateur au sens strict. Un convertisseur à sortie variable ou un lecteur réseau doté d’un contrôle de volume remplit la même fonction, ce qui correspond au fonctionnement des sources de la marque. Brancher une source à niveau fixe reviendrait à écouter en permanence à pleine puissance.
Comment passe-t-on en mode ponté, et que faut-il pour monter deux blocs mono ?
Le basculement se fait par un commutateur en face arrière, et les borniers portent un repérage propre au fonctionnement en pont. Pour deux blocs mono, il faut deux AMP-F8, un par enceinte, et une source ou un préamplificateur disposant d’une sortie gauche et d’une sortie droite : chaque canal alimente un appareil. Reprenez le câblage des enceintes avant la remise sous tension, les bornes utilisées ne sont plus les mêmes.
Peut-on l'utiliser pour les voies avant d'une installation home cinéma ?
Oui, à condition que le processeur ou l’amplificateur home cinéma dispose de sorties préamplifiées sur les canaux avant. Le réglage des niveaux et la temporisation restent gérés en amont, l’AMP-F8 n’apportant que l’amplification. Le calibrage automatique du processeur doit être relancé après le branchement, puisque la sensibilité des voies avant change.
Vaut-il mieux le raccorder en XLR ou en RCA ?
Les deux entrées présentent la même impédance de 10 kΩ. La liaison symétrique XLR rejette les perturbations captées le long du câble, ce qui compte surtout sur les longueurs importantes ou dans un environnement électrique chargé. Sur un mètre entre deux appareils posés dans le même meuble, l’écart est faible. La sensibilité diffère en revanche entre les deux entrées, il faut en tenir compte au moment de choisir la position de gain.
Convient-il à des enceintes de faible impédance ?
En stéréo, la charge de 4 Ω est documentée par le constructeur avec 280 W par canal, ce qui couvre l’essentiel des colonnes du marché, y compris celles dont l’impédance plonge sous la valeur nominale sur une partie du spectre. Aucune valeur n’est publiée sous 2 Ω. Pour une enceinte réputée difficile et donnée à 4 Ω ou moins, le fonctionnement stéréo est préférable au mode ponté.
Les VU-mètres donnent-ils une mesure fiable de la puissance ?
Ce sont des indicateurs de niveau à aiguille, dont l’inertie mécanique lisse les crêtes les plus brèves. Ils rendent bien compte du niveau moyen et de la dynamique d’un morceau, beaucoup moins des pointes de quelques millisecondes qui sollicitent réellement l’alimentation. Leur lecture reste indicative, et leur intérêt tient autant à la vie qu’ils donnent à la façade qu’à la surveillance du niveau.
- Éco-contribution inclue dans le prix de vente.
- GTIN / EAN : 6975200360268








