Mofi Electronics StudioSilver MC
Présentation
Trois cellules à aimant mobile composent la gamme Tracker de MoFi Electronics, toutes développées avec Allen Perkins, fondateur de Spiral Groove. L’UltraTracker occupe le cran intermédiaire, entre la StudioTracker d’entrée de gamme et la MasterTracker. Par rapport à sa petite sœur, elle gagne un corps en aluminium usiné, un diamant elliptique nu et une bande passante étendue jusqu’à 25 kHz. Un saut qualitatif net, sans basculer dans le territoire des cellules à bobine mobile.
Un générateur calqué sur la tête de gravure
Le principe de conception des cellules MoFi repose sur une idée simple : reproduire la géométrie de la tête de gravure utilisée en studio pour couper les sillons d’un disque vinyle. Le générateur V-Twin de l’UltraTracker utilise deux aimants légers disposés en V, alignés parallèlement aux sillons stéréo. Cette disposition symétrique favorise une bonne séparation des canaux et un suivi de sillon stable, y compris dans les passages les plus modulés.
La tension de sortie de 3,5 mV est suffisante pour attaquer n’importe quel préamplificateur phono MM standard, avec une impédance de charge recommandée de 47 kΩ et une capacitance de 100 pF. Sur ce dernier point, il faut tenir compte de la capacitance du câble de liaison entre le bras et le préamplificateur : un câble trop capacitif pourrait altérer la réponse dans l’aigu.
Corps en aluminium usiné : masse et amortissement
La différence la plus visible entre la StudioTracker et l’UltraTracker tient au matériau du corps. La StudioTracker utilise un boîtier en polymère traité avec un matériau d’amortissement propriétaire. L’UltraTracker passe à un bloc d’aluminium usiné dans la masse (billet), nettement plus lourd : 9,7 g contre 6,4 g pour la StudioTracker.
Ce choix a des conséquences directes sur le comportement mécanique. L’aluminium massif offre une rigidité supérieure et un meilleur contrôle des résonances parasites. Le grave gagne en tenue et en définition, et l’image stéréo apparaît plus nette. Le poids plus élevé impose en revanche de vérifier la compatibilité avec le bras de lecture : la plupart des bras modernes de masse moyenne à haute acceptent sans difficulté une cellule de ce gabarit, mais un bras très léger pourrait poser un problème de résonance.
Les trous de fixation sont filetés, ce qui simplifie le montage sur la coquille par rapport à la StudioTracker et ses écrous à visser par le dessous.
Diamant nu elliptique et suivi de sillon
L’UltraTracker est équipée d’un diamant elliptique nu (nude elliptical). « Nu » signifie que la pointe diamant est directement collée sur le cantilever, sans support intermédiaire. Cette construction réduit la masse en mouvement à l’extrémité du cantilever, ce qui améliore la capacité de suivi dans les transitoires rapides et les passages à forte modulation.
Le profil elliptique lit une surface de contact plus large dans le sillon qu’une pointe sphérique (conique), ce qui permet d’extraire davantage d’informations gravées, avec moins de distorsion dans les hautes fréquences. La réponse en fréquence annoncée s’étend de 20 Hz à 25 kHz, soit 5 kHz de plus que la StudioTracker qui plafonne à 20 kHz.
La force d’appui recommandée se situe entre 1,8 et 2,2 g. Un réglage autour de 1,9 à 2,0 g constitue un bon point de départ, à ajuster ensuite à l’oreille selon le bras et la platine.
Fabrication entre le Japon et les États-Unis
L’assemblage des cellules Tracker est réalisé à la main au Japon. Le corps en aluminium de l’UltraTracker est usiné aux États-Unis, dans les ateliers de MoFi en Michigan. Allen Perkins a supervisé le travail d’amortissement et de mise au point acoustique, avec un soin porté à la réduction des résonances internes.
Comme toutes les cellules de la gamme Tracker, l’UltraTracker ne dispose pas d’un diamant remplaçable par l’utilisateur. Quand la pointe est usée, c’est la cellule entière qui doit être remplacée. MoFi propose un programme d’échange à tarif réduit pour compenser cet inconvénient. Ce choix de conception, partagé avec Rega dans cette gamme de prix, vise à garantir un alignement optimal et permanent entre le diamant, le cantilever et le générateur.
Restitution sonore et caractère musical
Par rapport à la StudioTracker, l’UltraTracker affiche un son plus ouvert et plus détaillé. La StudioTracker a un côté légèrement chaleureux et indulgent, avec un aigu un peu arrondi et un grave généreux. L’UltraTracker resserre le bas du spectre : le grave est plus tendu, mieux défini, sans la légère rondeur de sa cadette. Les médiums gagnent en articulation et les aigus, plus étendus, révèlent des informations que la StudioTracker laisse dans l’ombre.
La dynamique progresse aussi, grâce à la combinaison du corps rigide en aluminium et du diamant nu à faible masse. Les micro-variations d’intensité sont mieux restituées, ce qui donne un rendu plus vivant sur les enregistrements acoustiques et les prises de son soignées. Sur des disques très modulés (rock, musique symphonique), le suivi de sillon reste stable et sans distorsion perceptible jusque dans les passages les plus denses.
Le caractère sonore reste musical et non clinique. L’UltraTracker n’est pas une cellule froide ou analytique : elle conserve du corps et de la densité dans les timbres, tout en gagnant en transparence par rapport à la StudioTracker.
Compatibilité et mise en œuvre
L’UltraTracker se monte sur n’importe quel bras de lecture acceptant une cellule de fixation standard (demi-pouce). Avec ses 9,7 g, elle convient aux bras de masse moyenne, qui représentent la grande majorité du marché. Les bras MoFi (Studio et Ultra, en 10 pouces) sont évidemment prévus pour l’accueillir, avec l’angle de lecture vertical (VTA) et l’azimut pré-réglés en usine quand la cellule est achetée avec une platine MoFi.
Sur un bras tiers, il faudra procéder aux réglages habituels : alignement du diamant (protracteur Baerwald ou Stevenson selon la géométrie du bras), force d’appui, antiskating et VTA. Les filetages intégrés facilitent l’opération.
Documentations
Anglais
Caractéristiques techniques
Conception et technologie
- Générateur à double aimant V-Twin
- Architecture inspirée d’une tête de gravure de studio
- Alignement des aimants en forme de V suivant les sillons stéréo
- Excellente capacité de suivi (tracking)
- Extraction précise des micro-détails musicaux
- Lecture extrêmement fidèle des sillons du vinyle
Corps et structure
- Corps en aluminium massif usiné (billet aluminum)
- Structure amortie (damped body)
- Réduction des vibrations internes et des résonances parasites
- Grave plus propre et plus tendu
- Image sonore plus stable
- Stabilité de lecture améliorée
Pointe de lecture
- Diamant Micro-Line
- Profil inspiré des têtes de gravure de disque
- Suivi extrêmement précis des parois du sillon
- Diminution de la distorsion dans les passages complexes
- Haute résolution dans les aigus
Signature sonore
- Son ouvert et détaillé
- Excellente séparation des instruments
- Graves précis et fermes
- Aigus étendus sans agressivité
- Grande sensation d’espace et de naturel
Spécifications techniques
- Type : aimant mobile (MM) stéréo
- Tension de sortie : 3 mV
- Réponse en fréquence : 20 Hz – 25 kHz
- Poids : 9,7 g
- Force d’appui recommandée : 1,8 – 2,2 g
- Impédance : 47 kΩ
- Capacitance : 100 pF
- Compliance statique : 40 x 10⁻⁶ / dyne
- Compliance dynamique : 10 x 10⁻⁶ / dyne
Points forts
- Générateur V-Twin inspiré des machines de gravure vinyle
- Pointe Micro-Line ultra précise
- Corps aluminium amorti pour une lecture stable
- Excellente restitution des micro-détails
- Compatible avec une large gamme de bras phono
Public visé
- Audiophiles recherchant une cellule détaillée mais naturelle
- Systèmes hi-fi milieu à haut de gamme
- Amateurs de vinyle souhaitant améliorer la résolution sans agressivité
- Écoute analytique et musicale
Questions fréquentes
L'UltraTracker est-elle compatible avec mon préamplificateur phono ?
Oui, à condition qu’il accepte les cellules à aimant mobile (MM). L’entrée doit présenter une impédance de 47 kΩ. La capacitance de charge recommandée est de 100 pF, mais il faut y ajouter la capacitance de votre câble phono. Si votre câble ajoute 100 à 150 pF, le total reste dans une plage raisonnable pour la plupart des préamplificateurs. Une capacitance totale trop élevée (au-delà de 300 pF) peut provoquer un pic dans l’aigu.
Peut-on remplacer le diamant quand il est usé ?
Non. Le diamant n’est pas remplaçable par l’utilisateur. La cellule entière doit être échangée. MoFi propose un programme de reprise à tarif réduit. Ce choix de conception permet un assemblage plus rigoureux, mais impose de racheter une cellule complète après environ 1 000 heures d’écoute (durée de vie indicative selon les conditions d’utilisation).
Quelle est la différence principale entre l'UltraTracker et la MasterTracker ?
La MasterTracker utilise un diamant Micro-Line (au lieu de l’elliptique nu) et des bobines en cuivre OCC (Ohno Continuous Cast). Le diamant Micro-Line reproduit plus fidèlement la forme de la tête de gravure et lit encore plus d’informations dans le sillon, avec une usure plus lente du diamant. La MasterTracker produit un son plus raffiné dans l’extrême aigu et une scène sonore plus tridimensionnelle.
L'UltraTracker convient-elle à un bras léger ?
Avec 9,7 g, l’UltraTracker est plus lourde que la moyenne des cellules MM. Un bras de masse effective très basse (inférieure à 8 g) pourrait placer la fréquence de résonance hors de la plage idéale de 8 à 12 Hz. Un calcul rapide avec la compliance dynamique de la cellule et la masse effective du bras permet de vérifier la compatibilité avant l’achat.
Faut-il un rodage ?
Comme la plupart des cellules à aimant mobile, l’UltraTracker bénéficie d’une période de rodage d’une vingtaine d’heures. Le diamant et la suspension mécanique se stabilisent progressivement, et la restitution gagne en fluidité et en ouverture après cette période.
Quel antiskating régler ?
Un bon point de départ consiste à régler l’antiskating à une valeur égale ou légèrement inférieure à la force d’appui. Avec une force d’appui de 2,0 g, commencez avec un antiskating de 1,8 à 2,0 g, puis ajustez en écoutant la distorsion éventuelle sur le canal intérieur (droit).
L'UltraTracker fonctionne-t-elle en 78 tours ?
Non. Le diamant elliptique nu est taillé pour lire les microsillons 33 et 45 tours. Les disques 78 tours utilisent des sillons plus larges et nécessitent une pointe adaptée (généralement sphérique de 3 mils). Utiliser l’UltraTracker sur un 78 tours risquerait d’endommager le diamant et de produire un son très dégradé.
- Éco-contribution inclue dans le prix de vente.
- Référence fabricant : 00032687








